L’antisémitisme ou l’islamophobie : mais que fait-on des oubliés ?

L’antisémitisme se banalise en France
Je suis arabe, algérien précisément, et cette haine envers les juifs me sidère, m’écœure. J’ai l’impression de ne plus appartenir à aucun camp. J’étais déjà un pur indépendant, mais aujourd’hui, je crache dans la soupe de ce système violent qu’est devenu mon pays, la France.
Qu’on ait aimé ou pas ce qu’a fait Barbara Butch, qu’on la critique sur ses idées ou ses choix artistiques, personnellement, je m’en fous. Mais les attaques grossophobes (et autres) à son égard, franchement, cela m’écœure et me met dans un état de peine intense. C’est une attaque envers toutes les personnes souffrant du mépris des autres en raison de leur surpoids. Je suis gros, j’essuie des attaques grossophobes trop souvent : alors le lire ou l’entendre à l’encontre d’une personne, même si elle n’a pas les mêmes pensées que moi, ça me sidère.
Alors, sa seule « erreur » est d’être juive et en surpoids ? Mettons en exergue ses choix si l’on veut, mais en aucun cas ses origines, sa religion ou son physique. En commettant des actes de barbarie sur ces points qui n’ont pas à être en ligne de mire, c’est l’ensemble des personnes juives ou en surpoids que l’on vise. Dès lors, je me sens visé.
Bien sûr, j’isole un fait dans toute cette première pensée, mais la violence systémique est générale et propre à tous les camps, tous les groupes, toutes les communautés : c’est œil pour œil, dent pour dent.
L’islamophobie n’est pas en reste
Aujourd’hui, pour certains, un Arabe reste un islamiste. Un Arabe et musulman ? Attention, ça va faire mal et piquer entre le racisme et l’inhumanisme des fachos : c’est le duo de la haine et de la violence. Un Arabe, musulman et en plus immigré ? Ça n’a pas de prix, un vrai terroriste dans toute sa criminalité. Dans leur esprit, islamisme et terrorisme riment avec foulard, burqa, halal et bismillah !
Les oubliés restent des oubliés
Pendant que les médias et les réseaux sociaux se nourrissent de cette guerre des identités et de ces haines entremêlées de titres putaclics, la vraie détresse sociale est passée sous silence.
Le matraquage médiatique des extrêmes, du centre, de la droite ou de la gauche fait recette. Pendant que les médias mainstream et la presse écrite de masse se frottent les mains sur des sujets plus vendeurs, nous, les oubliés du système — ceux que la télévision et Internet rejettent parce qu’il faut être honnête, nous ne valons malheureusement pas un clou à leurs yeux —, nous demeurons des invisibles.
Pire, dans un système d’ultra-violence orchestrée qui se banalise, nous essuyons les tirs de tous les partis, sans jamais être à la une des journaux. Pourtant, nous n’y apporterions pas de l’eau au moulin de la haine, mais de l’art, de la connaissance et de l’humanisme. Car nous, les oubliés, n’avons pas de mépris pour nos semblables.
Internet est devenu un tout-à-l’égout de la violence numérique : doxxing, insultes et harcèlement sont devenus légion. On pourrait penser que ces acteurs de la haine sont devenus complètement fous et irrationnels, engagés dans une surenchère dialectique. Il n’y aura jamais de débats apaisés avec eux : tout se fait dans l’irrespect total et la méchanceté gratuite.
Le manifeste du Journal Corrosif
Le Journal Corrosif revendique un antifascisme sans concession, mais en aucun cas il ne se laissera emporter par l’antijuif, l’antimusulman ou l’antihumanisme tout court.
Vous ne trouverez pas ici de haine contre l’humain, mais de la rage contre le fascisme qui va à l’encontre de nos principes, et du dégoût envers la stigmatisation de ceux qu’on ne montre jamais : les précaires, les handicapés, les isolés, les invisibles.
Qui sont les oubliés du système ?
(Découvrez notre démarche complète dans la section À propos du Journal Corrosif)
