Les oubliés du système : qui sont-ils ?

Les Invisibles de l’État
Ces oubliés du système, ce sont elles, eux, vous et moi, seuls ou unis contre le mépris d’un gouvernement qui nous ignore : les personnes en situation de précarité au niveau du logement, de la santé, du handicap, de l’alimentation, ou enfermées dans un emploi précaire.
De la précarité ordinaire aux « contrats poubelles »
Ce sont les travailleurs précaires qui comptent leurs sous pour une baguette de pain ou un repas maigre, enchaînant des contrats courts sans garantie d’embauche définitive en CDI. Le fameux CDD, c’est du bricolage d’État : il n’apporte que la désillusion. On a besoin d’un outil, pas d’un employé ; cela permet de vous jeter quand vous êtes cassé, éreinté, non fonctionnel ou devenu inutile. Les « contrats poubelles », comme je les appelle.
Sans parler du travail au noir qui fait la fortune de patrons malveillants. Certes, cela peut dépanner en apparence sur le moment par pur désespoir pour manger, mais c’est un piège : les travailleurs exploités prendront de nombreux risques pour gagner de l’argent et lors des contrôles leurs bourreaux continueront d’être au chaud et bien nourris. Ces travailleurs de l’ombre termineront à la rue, oubliés.
L’enfer de la rue et les dispositifs anti-humains
Les personnes sans domicile fixe et sans-abri, bienvenue en enfer. Quand les mairies inaugurent de nouveaux décors anti-SDF — pardon, des dispositifs anti-humains —, ces personnes n’ont déjà nulle part où aller, alors si en plus les élus, ces acrobates du droit humain, les dégagent à coups de mobilier urbain hostile et de picots métalliques, pendant des étés caniculaires ou des hivers glacials, il ne leur restera comme épitaphe que ces mots : « mort à cause du mépris ».
C’est un paradoxe bien bourgeois : en France, nous avons plus de logements vacants que de SDF. Des millions de studios et d’appartements vides, sans personne dedans. La raison ? Un SDF c’est sale, un SDF ça n’a pas de garant, un SDF ça fout le bordel… Mais franchement, il y a bien de la racaille chez nos politiciens et chez les bourgeois, pourquoi n’y en aurait-il pas ailleurs ?
Non, j’ai croisé plus de connards chez les connards que de SDF malveillants. Ils sont dans la détresse, pas dans la délinquance. D’ailleurs, je ne suis pas certain que les plus grands voyous soient dans la rue plutôt que dans les hautes sphères. Puisque nous sommes friands de statistiques à foison et que le gouvernement compte tout, je parierais mon AAH que les SDF sont les plus respectables. Et si parfois l’un d’eux commet un ultime acte de survie en hiver pour passer la nuit au chaud sous un toit, ce n’est pas un crime : c’est le signe tragique d’un système qui préfère se voiler la face plutôt que de mettre le nez dans la merde.
Handicap et santé mentale
La santé mentale, le handicap… comment être à l’aise financièrement quand déjà les démarches pour la RQTH ou l’AAH sont de vrais casse-têtes, sans certitude qu’un dossier sera validé ? Et quand bien même il le serait, comment s’en sortir et vivre sainement avec un loyer cher, une nourriture chère, et des loisirs rares, chers ou carrément inexistants ?
Les urnes et la politique spectacle
Ils sont où, les dirigeants à qui des millions de Français, d’ici ou d’ailleurs, ont donné leur voix ? Gauche, droite, ça n’a rien changé. Et les « on n’a pas essayé », comme une Marine Le Pen condamnée mais éligible, ou un Bardella qui se délecte avec 400 € de vin payés par l’État — donc par nous… Bon, personnellement, je ne lui en veux pas, un bon vin ça passe, mais qui vole du vin vole le butin. Aucune crédibilité.
Je déteste cette politique spectacle, sans pour autant être apolitique, mais que nous reste-t-il ? Certains rêvent encore d’un autre « on n’a pas essayé » du côté de Mélenchon et LFI, mais devant toute cette aristocratie déconnectée, je n’y crois plus.
Le Journal Corrosif des oubliés du système
Les politiciens parlent de nous, de vous, promettent, mais ne font rien ou pas assez, car souvent ils oublient. Nous osons appeler cela du mépris. Alors Le Journal Corrosif est là pour leur redonner la mémoire, car ils n’auront pas d’autre choix que de nous lire.
Ce terme d’« Oubliés du Système », qui peut paraître réducteur, est pourtant la bannière non étoilée qu’arbore ce webzine qui n’a pas sa plume dans la poche. Bien au contraire, les rédactrices et rédacteurs y exercent, témoignent, donnent leur opinion avec une encre sans filtre, parfois corrosive, parfois douce.
Nous grandirons avec ou sans aide. Nous prendrons du poids, car nous ne serons pas les seuls : ce média est inspiré de webjournaux déjà en action et fera à son tour des émules pour être lu et compris par les intéressés : nos politiques à la parole ambivalente, mais aussi nos fidèles et bienveillants lecteurs qui souhaitent partager, interagir avec les auteurs de ce média, chercher des informations et des témoignages, ou devenir à leur tour auteurs de leurs maux… ou de leurs mots.



