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Histoire de résilience d'un orphelin

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Lionel Belarbi
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Orphelin trop tôt, victime d’extrême violence par une Démone, pourtant Cybèle, et abandonné par le père, je suis quand même né loin des ghettos, des cités, des drogues ; je suis arrivé sur terre pour une vie compliquée avec ma mère dans une belle maternité propre et dans le luxe. Je suis devenu très vite l’enfant des nounous, des collègues de ma maman qui se prostituaient pour vivre dans cette dure France. Être éduqué uniquement par des Femmes a ses avantages : à mon adolescence, j’étais au moins à l’aise avec elles. J’ai appris très vite à les écouter, à les comprendre sans jamais les juger.

Cependant, il y a aussi un grand inconvénient, celui d’être très dur et amer avec les hommes : je vois en ces êtres masculins des clients de ma mère. C’est un traumatisme, je n’aime pas l’homme, j’en suis dégoûté, car bien qu’ils ne soient pas tous corrompus, ils ont fait beaucoup de mal à mes amies, à ma mère. Et des histoires horribles, j’en ai dix tomes. Heureusement, j’ai encore quelques amis, mais ils sont rares. Aujourd’hui, je suis en conflit avec celui qui a créé la bombe, la guerre, l’ultra-violence, le viol. Évidemment, les Femmes ont aussi leurs tares humaines, bien qu’elles soient moins nombreuses à tuer ou torturer.

Je suis loin d’être féministe ou machiste, je suis Lionel Belarbi, et je ne suis pas un cadeau non plus. J’ai mon paquet de merdes et d’erreurs dans la vie, des faux pas que je regrette. Le passé ne nous rattrape pas, mais il nous forge. Je vais sûrement me mettre à dos certains d’entre vous, j’assume, et cela m’est complètement égal. De toute façon, je suis devenu un vieux garçon célibataire avec des idées arrêtées sur plusieurs sujets de cette catin de vie putride. Je sens le moisi, mais j’ai encore quelques cartouches dans mon fusil d’assaut : celles de pouvoir rêver, espérer et contrôler mes pensées. Quand les angoisses diurnes se présentent, je ne panique plus, car dans tous les cas, ce n’est qu’un mauvais passage à franchir ; aussi, les douleurs physiques intenses ne me font plus peur, la vieillesse et la mort non plus.

Je ne suis pas un ange ; délinquant aussi, j’ai fait du mal à mes êtres chers, j'ai abandonné mes amis, volé, dealé dans les rues de Paris dès 14 ans, et mes éducateurs de la DASS ont tous capitulé pour me remettre dans le droit chemin ; j’étais un adolescent difficile et je ne respectais pas les autorités, les règles, les lois et les hommes. J’ai fait beaucoup de tort, trop de mal à mon entourage, j’ai précipité avec moi ma famille dans mon sombre parcours. Je suis pourri, mais je me soigne en psychiatrie, car malade mentalement et gravement, sans soutien ni entourage médical, je n’aurais comme maison que la prison ou l’enfer.

Je ne raconterai pas toute ma vie, elle est cauchemardesque et, je pense, sans trop d’intérêt. J’avais juste besoin de vomir mes maux. J’ai eu beaucoup de chance dans mes malheurs, de belles rencontres, de l’aide, un toit, du pain et de l’eau quand j'avais faim et qu'il faisait froid. Beaucoup de femmes et d’hommes isolés n’ont pas eu cette aubaine. Personne n’est parfait, je vais devoir fournir encore beaucoup d’efforts afin de remonter la pente et de me redresser, pour un jour, peut-être, renaître de mes cendres que le vent a emportées.



   
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